Vaccination et allaitement

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Vaccination contre la COVID-19 : un choix personnel éclairé

Pour toute question sur les médicaments et les vaccins, il est important de consulter un médecin, un pharmacien, ou peut-être une consultante en lactation IBCLC qui pourrait communiquer avec votre professionnel de santé.

Idéalement, la décision de prendre un médicament ou un vaccin serait personnelle et tiendrait compte des risques, des avantages, et des options dans votre situation. Vous trouverez dans cet article des pistes de solutions basées sur des données probantes afin que vous puissiez prendre une décision éclairée.

Vaccins vivants atténués et vaccins inactivés

Les vaccins peuvent être répartis en deux catégories : vivant atténué et inactivé. Les vaccins inactivés contiennent uniquement l’antigène contre lequel on souhaite déclencher une réaction immunitaire. Certains vaccins inactivés sont à base de germes pathogènes tués, tandis que d’autres sont fabriqués par génie génétique. Il n’y a aucune raison de penser que l’administration d’un vaccin inactivé ou recombiné à une mère allaitante puisse avoir un impact chez son enfant. Les vaccins atténués pourraient théoriquement induire une infection chez l’enfant, mais la plupart des germes inclus dans ces vaccins ne passent pas dans le lait humain ou sont sans danger pour l’enfant. Il existe cependant deux exceptions : le vaccin contre la fièvre jaune et celui contre la variole, qui devraient être évités chez les personnes allaitantes.

Le vaccin comme tel est administré à la mère, et non directement au bébé (du moins, le vaccin anti-Covid n’est pas encore administré aux bébés à ce jour). Les vaccins à ARNm ne passent pas dans la circulation sanguine de la mère. L’ARNm est vite dégradé après avoir « passé son message ».

Des anticorps anti-Covid ont toutefois été retrouvés dans le lait humain, à l’instar d’autres anticorps, chez des mères infectées. On suppose que le phénomène pourrait être semblable après la vaccination, mais il manque de données à ce jour.

En général, l’allaitement n’est pas une contre-indication à la vaccination.

Y-a-t ‘il des risques pour la personne qui allaite et/ou pour l’enfant allaité ?

Le CIQ considère que les bénéfices de la vaccination surpassent les risques pour les femmes allaitantes. Par ailleurs, il n’y a pas de risque connu associé à l’utilisation d’un vaccin inactivé chez les femmes enceintes ou allaitantes.

    •  COVID-19 Vaccine in Pregnancy and Breastfeeding, Infant Risk center, 18 décembre 2020. Extrait : « L’utilisation de ces nouveaux vaccins chez les mères qui allaitent n’a pas été étudiée, en grande partie parce qu’aucun d’entre eux n’a encore été approuvé [Ndlr : depuis, deux d’entre eux l’ont été]. Cela dit, nous sommes d’avis que la plupart des vaccins COVID-19 seront probablement tout à fait sûrs pour les mères qui allaitent et leurs nourrissons. Dans ces situations, les médecins et les mères allaitantes devront peser les risques relatifs du vaccin par rapport à celui de l’infection par le virus Corona chez cette mère en particulier. À l’heure actuelle, aucun des nouveaux vaccins n’est vivant ou infectieux. Ils sont constitués de très peu d’ingrédients : l’ARNm fragile, des graisses pour protéger l’ARNm assez longtemps pour que votre corps y réponde, et des adjuvants pour que l’injection fasse moins mal. Il n’y a PAS de conservateurs ! »
    • CRAT, Vaccins contre la Covid-19, 2 mars 2021. Extrait : « Il n’y a pas de donnée concernant la vaccination contre la Covid 19 chez des femmes allaitantes. Cependant, le passage systémique de l’ARNm et du vecteur viral après la vaccination n’étant pas attendu, leur présence dans le lait ne l’est pas non plus. De plus, les vaccins à ARNm et à vecteur viral contre la Covid 19 sont dépourvus de pouvoir infectant. L’enfant allaité ne risque donc pas d’être infecté par le vaccin effectué à sa mère. Au vu de ces éléments, une vaccination par vaccin à ARNm ou à vecteur viral contre la Covid 19 est envisageable chez une femme qui allaite. »
    •  Considerations for COVID-19 Vaccination in Lactation, Academy of Breastfeeding Medicine’s Statement, 14 décembre 2020. Extrait : Les vaccins à ARNm sont composés « de nanoparticules lipidiques contenant de l’ARNm de la protéine spike du SARS-CoV-2 ; la séquence d’ARNm code uniquement pour cette protéine. Ces particules sont injectées dans le muscle, où les nanoparticules sont absorbées par les cellules musculaires. Ces cellules musculaires transcrivent ensuite l’ARNm pour produire une protéine spike. La protéine spike fabriquée par la cellule stimule une réponse immunitaire, protégeant l’individu de la maladie COVID-19. Pendant l’allaitement, il est peu probable que les lipides du vaccin pénètrent dans la circulation sanguine et atteignent les tissus mammaires. Si c’est le cas, il est encore moins probable que la nanoparticule intacte ou l’ARNm soit transféré dans le lait. Dans le cas peu probable où l’ARNm serait présent dans le lait, il serait digéré par l’enfant et il est peu probable qu’il ait des effets biologiques. »
    • OMS, Interim recommendations for use of the Pfizer–BioNTech COVID-19 vaccine, BNT162b2, under Emergency Use Listing, 8 janvier 2021. Extrait : « Comme le vaccin BNT162b2 n’est pas un vaccin à virus vivant et que l’ARNm ne pénètre pas dans le noyau de la cellule et se dégrade rapidement, il est biologiquement et cliniquement peu probable qu’il présente un risque pour l’enfant allaité. Sur la base de ces considérations, une femme allaitante faisant partie d’un groupe pour lequel la vaccination est recommandée, par exemple les personnels de santé, devrait se voir proposer la vaccination sur une base équivalente. L’OMS ne recommande pas d’interrompre l’allaitement maternel après la vaccination. »
    • SARS-CoV-2 antibodies detected in human breast milk postvaccination. Dans une cohorte de 6 femmes allaitantes ayant reçu 2 doses de vaccin contre le SRAS-CoV-2, les chercheurs ont observé des niveaux significativement élevés d’anticorps IgG et IgA spécifiques du SRAS-CoV-2 dans le lait, 7 jours après la première dose de vaccin, avec une réponse IgG-dominante.
      Il s’agit de la première étude à montrer que la vaccination maternelle entraîne la production d’immunoglobulines spécifiques du SRAS-CoV-2 dans le lait humain, immunoglobulines qui peuvent être protectrices pour les nourrissons.
    •  Gray KJ et al., COVID-19 vaccine response in pregnant and lactating women : a cohort study. Am J Obst Gynecol., 2021. Entre décembre 2020 et mars 2021, une étude a permis d’inclure 131 femmes qui ont été vaccinées soit enceintes (84), soit allaitantes (31), et 16 femmes non enceintes âgées de 18 à 45 ans. Les vaccins utilisés étaient les deux vaccins à ARNm, pour moitié le vaccin Pfizer BioNTech, pour moitié le vaccin Moderna. Les effets secondaires ont été similaires chez les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les femmes témoins. De la fièvre et des frissons ont été rapportés chez près d’un tiers des femmes enceintes et chez la moitié de celles qui ne l’étaient pas. Les échantillons de plasma, et de lait maternel chez les femmes allaitantes, ont été recueillis lors de l’injection de la 1ère dose vaccinale, lors de celle de la 2ème dose, et 2 à 6 semaines après cette dernière. Deux semaines après la 2ème dose, la réponse en anticorps était dominée par l’augmentation des IgG chez les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les femmes témoins, alors que les taux d’IgM et d’IgA avaient peu augmenté. Dans le lait des femmes vaccinées lors de la période d’allaitement, une augmentation des taux d’IgG, d’IgA et d’IgM a été retrouvée après la 1ère et après la 2ème dose vaccinale, de manière synchrone avec les taux sériques. Les taux d’IgG1 anti-RBD n’ont augmenté de manière significative dans le lait maternel qu’après la 2ème dose. Contrairement à ce qui se passe lors de l’infection naturelle, ce sont les IgG qui dominent la protection du nouveau-né apportée par l’allaitement, alors que dans l’infection naturelle se sont les IgA.
    • Sur Naître et Grandir, 25-01-2021
      《« Pour les femmes qui allaitent, il y a encore moins de risque, mentionne la Dre Quach. Toutefois, comme pour les femmes enceintes, en l’absence de données, nous avons émis la même recommandation, c’est-à-dire une discussion des risques et des bénéfices au cas par cas. »
      « Pour la femme qui allaite, il n’y a pas de contre-indication à la vaccination », ajoute Marilou Kiely. D’ailleurs, le Comité sur l’immunisation du Québec considère que les bénéfices de la vaccination surpassent les risques pour les femmes allaitantes. 》
    • Dans un document du gouvernement du Québec révisé le 23-04-2021, il est mentionné ceci:
      《58. Est-ce qu’une mère qui allaite peut se faire vacciner?
      Le CIQ considère que les bénéfices de la vaccination surpassent les risques pour la
      femme allaitante faisant partie des groupes prioritaires pour la vaccination. Par ailleurs, il n’y a pas de risque connu associé à l’utilisation d’un vaccin inactivé chez la femme allaitante. Il n’est pas recommandé à la mère qui allaite de cesser l’allaitement, même pour une courte période, après avoir reçu le vaccin.》
    • Déjà en date du 8-01-2021, l’OMS recommandait de ne pas cesser l’allaitement suite à la vaccination avec le vaccin de Pfizer-BioNtech.
      《Breastfeeding offers substantial health benefits to lactating women and their breastfed children. Vaccine efficacy is expected to be similar in lactating women as in other adults. However, there are no data on the safety of COVID-19 vaccines in lactating women or on the effects of mRNA vaccines on breastfed children. As the BNT162b2 vaccine is not a live virus vaccine and the mRNA does not enter the nucleus of the cell and is degraded quickly, it is biologically and clinically unlikely to pose a risk to the breastfeeding child. On the basis of these considerations, a lactating woman who is part of a group recommended for vaccination, e.g. health workers, should be offered vaccination on an equivalent basis. WHO does not recommend discontinuing breastfeeding after
      vaccination. 》
      Traduction: 《L’allaitement maternel offre des avantages substantiels pour la santé des femmes qui allaitent et de leurs enfants allaités. L’efficacité du vaccin devrait être similaire chez les femmes allaitantes comme chez les autres adultes. Cependant, il n’y a pas de données sur l’innocuité des vaccins COVID-19 chez les femmes qui allaitent ou sur les effets des vaccins à ARNm sur les enfants allaités. Comme le vaccin BNT162b2 n’est pas un vaccin à virus vivant et que l’ARNm ne pénètre pas dans le noyau de la cellule et se dégrade rapidement, il est biologiquement et cliniquement peu susceptible de présenter un risque pour l’allaitement enfant. Sur la base de ces considérations, une femme allaitante qui fait partie d’un groupe recommandé pour la vaccination, par ex. travailleurs et travailleuses de la santé, devraient se voir offrir une vaccination sur une base équivalente. L’OMS ne recommande pas d’arrêter l’allaitement après vaccination.》
    •  e-lactancia, Covid-19 vaccine. Extrait : »Il est hautement improbable que l’un des composants des vaccins contre la COVID-19 puisse être excrété dans le lait humain, et même dans ce cas, ils seraient tous digérés dans le tractus gastro-intestinal de l’enfant allaité. Il semble raisonnable de déduire que si la maladie (COVID-19) est compatible avec l’allaitement, alors le vaccin développé contre elle l’est encore plus, car il ne contient pas le virus vivant dans ses composants. Aucun des types de vaccins actuellement en développement contre la COVID-19 ne contient de virus vivants ou d’agents de conservation dans leurs composants et ne peut donc provoquer la maladie ou provoquer des altérations du matériel génétique de l’hôte […] La vaccination contre la COVID-19 ne doit pas empêcher de commencer à allaiter, ni causer un arrêt de l’allaitement. »
    • Le site de La Leche League International a également répertorié de nombreuses références en provenance de plusieurs pays. (Plusieurs sont en anglais)
    • La prise de position de la Société canadienne d’obstétrique et de gynécologie pour leur positionnement sur l’allaitement et la vaccination : « Nous recommandons aux femmes enceintes de se voir proposer la vaccination contre le COVID-19 à tout moment pendant
      grossesse ou pendant l’allaitement s’il n’y a pas de contre-indications. »
    • Informations provenant de santé Montréal

Les vaccins ARNm

En conclusion, aucun des vaccins couramment administrés n’est contre-indiqué pendant l’allaitement. En cas de doute, veuillez communiquer avec un professionnel de la santé.