Allaitement et contraception : le guide pour faire un choix éclairé

Après l’arrivée de bébé, la question de la contraception revient rapidement au cœur des préoccupations. Est-ce que l’allaitement protège d’une nouvelle grossesse ? Est-ce que la pilule peut stopper la montée de lait ? Entre les mythes et la réalité biologique, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver.
Voici un tour d’horizon des options disponibles pour concilier votre vie de femme et votre projet d’allaitement.
1. La méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA)
L’allaitement peut, sous certaines conditions strictes, servir de méthode contraceptive naturelle. Son efficacité est de 98 % durant les six premiers mois.
Pour que cette méthode soit fiable, vous devez remplir simultanément ces trois critères :
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Absence de retour de couches : Vous n’avez eu aucun saignement vaginal après les 56 jours suivant l’accouchement.
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Allaitement exclusif ou quasi-exclusif : Bébé ne reçoit aucun autre aliment ou liquide. Il tète à la demande, jour et nuit, sans longs intervalles (pas plus de 4h le jour et 6h la nuit).
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Bébé a moins de 6 mois : Dès que l’un de ces critères change (introduction de purées, bébé qui fait ses nuits, retour des règles), la protection chute et une autre méthode doit être envisagée.
2. Les options non-hormonales : la sécurité totale pour le lait
Si vous ne voulez prendre aucun risque concernant votre production de lait, les méthodes sans hormones sont idéales. Elles n’ont aucun impact sur la quantité ou la composition du lait.
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Méthodes barrières : Préservatifs masculins/féminins, diaphragmes ou capes cervicales.
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Le stérilet au cuivre (DIU) : Une solution à long terme très efficace qui ne contient aucune hormone.
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La symptothermie : L’observation des signes de fertilité (glaire cervicale, température), bien que plus complexe durant l’allaitement en raison des variations hormonales.
3. Les contraceptifs hormonaux : ce qu’il faut savoir
Les hormones peuvent influencer la lactation, mais toutes n’ont pas le même impact.
Les méthodes à base de progestatifs seuls
Elles sont généralement considérées comme compatibles avec l’allaitement. Elles incluent la « mini-pilule », l’implant, l’injection ou le stérilet hormonal.
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Quand commencer ? Il est souvent recommandé d’attendre que la lactation soit bien établie, soit environ 6 semaines après la naissance, pour éviter toute interférence.
Les méthodes combinées (estrogènes + progestatifs)
La prudence est de mise avec la pilule combinée, l’anneau ou le patch. Les estrogènes sont connus pour pouvoir provoquer une baisse significative de la production de lait chez certaines mères, même si la lactation est déjà bien installée. Si vous choisissez cette option, surveillez de près la courbe de poids de votre bébé et votre sensation de plénitude mammaire.
4. Et la pilule du lendemain ?
Si un accident survient, la contraception d’urgence est compatible avec l’allaitement. Les versions contenant du lévonorgestrel sont préférées car elles ne nécessitent pas d’interruption de l’allaitement.
Conclusion
Écoutez votre corps
Chaque femme réagit différemment aux hormones. Si vous remarquez une baisse de votre production de lait après avoir débuté un nouveau contraceptif, parlez-en à votre médecin ou à une consultante en lactation. Il est toujours possible de changer de méthode pour protéger votre allaitement.
Vous allaitez et vous vous questionnez sur votre contraception ? N’hésitez pas à contacter une monitrice LLL pour obtenir du soutien et des informations à jour.
